Équation de Michaelis-Menten
L'équation de Michælis-Menten sert à décrire la cinétique d'une réaction catalysée par une enzyme agissant sur un substrat unique pour donner un produit.
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Enzymologie - Catalyse - Cinétique chimique - Chimie générale
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- définition mathématique : la vitesse d'une réaction chimique est ... L'équation de Michaëlis - Menten : C'est le modèle mathématique de la courbe vi = f[S].... (source : btsbiochimie.free)
- La vitesse d'origine de la réaction a été mesurée pour des concentrations différentes... Donner sans la démontrer l'équation de Michaëlis - Menten et définir... (source : ntu.edu)
L'équation de Michælis-Menten (ou de Michælis-Menten-Henri) sert à décrire la cinétique d'une réaction catalysée par une enzyme agissant sur un substrat unique pour donner un produit. Elle relie la vitesse de la réaction à la concentration de substrat ainsi qu'à des paramètres constants, caractéristiques de l'enzyme. L'équation de Michælis-Menten fut proposée en 1913 par l'allemand Leonor Michælis et la canadienne Maud Menten, d'où son nom. Elle peut être reconnue comme formalisme simplifié de l'équation de Langmuir-Hinshelwood, suggérée ultérieurement par Irving Langmuir en 1921 et dévéloppée par Cyril Norman Hinshelwood en 1926. [1] Elle est adaptée à de nombreuses enzymes, mais ne permet cependant pas de rendre compte de comportements complexes, comme la multiplicité des substrats ou l'existence de plusieurs sites actifs présentant des comportements coopératifs ou anticoopératifs (allostérie).
Formule et représentation
Selon le modèle de Michælis et Menten, l'équation décrivant la vitesse de réaction enzymatique est la suivante :
![v_{i} = {v_{max} \cdot [S] \over K_{M} + [S]}](illustrations/0f7666b7297bcbbfd5e35d7f07e07ec5.png)
Avec :
- vi : vitesse initiale (c'est-à-dire en absence de produit) de la réaction enzymatique pour une concentration de substrat [S] (en µmol/min) [2] ;
- vmax : vitesse d'origine maximale mesurée pour une concentration saturante de substrat (en µmol/min) [2] ;
- [S] : Concentration en substrat (en mol/L) [2] ;
- KM : Constante de Michælis spécifique de l'enzyme. C'est la concentration en substrat pour laquelle la vitesse d'origine de la réaction est égale à la moitié de la vitesse d'origine maximale
(en mol/L) [2]. Elle correspond à l'inverse de la constante d'affinité apparente du substrat pour l'enzyme.
Graphiquement, l'équation de Michælis-Menten est une branche d'hyperbole.
Détermination des constantes
Il existe plusieurs méthodes pour déterminer les paramètres de Michælis-Menten d'une enzyme. Dans la pratique, on réalise une série de mesures de la vitesse d'origine de la réaction pour différentes valeurs de la concentration de substrat [S]. Il est important de se placer dans des conditions de vitesse d'origine (absence de produit P en quantité significative) pour respecter les hypothèses simplificatrices discutées ci-dessous.
Historiquement, pour déterminer numériquement les paramètres KM et vmax, les enzymologistes ont eu recours à différentes formes de linéarisation de l'équation de Michælis-Menten. Il s'agit de changements de variables qui transforment l'équation d'origine en équation linéaire, qu'il est alors envisageable d'ajuster graphiquement ou par régression linéaire. Parmi ces linéarisations classiques, on peut citer la représentation de Lineweaver et Burk, celle de Eadie et Hofstee ou celle de Scatchard.
Aujourd'hui, ces différentes techniques ont été remplacées par la régression non-linéaire, plus précise et plus robuste.
Représentation de Lineweaver-Burk
Dans cette approche, on détermine les constantes de l'enzyme KM et vmax par la représentation des inverses (représentation de Lineweaver et Burk) qui est une droite d'équation :
![{1 \over v_{i}} = ({K_{M} \over v_{max}} \times {1 \over [S]}) + {1 \over v_{max}}](illustrations/26f8dc075e0d996b35d02eb1c722648d.png)
Pour un graphique de
selon
, la pente est
et l'ordonnée à l'origine est
,
d'où
et 
Démonstration
Démonstration de l'équation de Michælis-Menten

Avec k1, k2, k3, k4 les constantes de vitesse des réactions.
L'analyse de Michælis-Menten se fait sous deux hypothèses simplificatrices :
- Pas de réaction inverse. On se place dans des conditions initiales où il n'y a pas de produit P dans le test enzymatique. On analyse la vitesse d'origine de la réaction, avant que le produit ait le temps de s'accumuler. La catalyse est alors particulièrement déplacée dans le sens de la synthèse des produits, la réaction inverse dont la vitesse est k4[E][P] est tandis quasiment inexistante, puisque [P]≈0.
- Hypothèse dite du pré-équilibre rapide. On suppose que le premier équilibre dans l'équation ci-dessus, dépendant des constantes cinétiques k1 et k2 est particulièrement rapide devant l'étape de catalyse elle-même, déterminée par k3, qui est généralement limitante. Ceci revient à dire qu'à tout instant on a
![\frac{d[ES]}{dt}=0](illustrations/7fbca927118ba53cac700d6b4d8f65be.png)
Le dispositif se simplifie alors de la manière suivante :

![v = k_3 \times [ES]](illustrations/a2e5463ab0c1c01af964a2737e3039bd.png)
La vitesse de formation du complexe [ES] est
La vitesse d'élimination du complexe [ES] est
Au cours de la phase stationnaire, la concentration du complexe enzyme-substrat [ES] est constante. Par conséquent la vitesse de formation de ce complexe [ES] doit être égale à celle de dissociation.
Soit
- On trouve une constante appelée constante de Michælis :
Comme [ES] est complexe à déterminer expérimentalement, on cherche à s'en affranchir avec une autre équation. La concentration en enzyme libre [E] est donné par la relation de la conservation de la quantité d'enzyme [E] = [ET] − [ES] avec [ET] la concentration totale en enzyme.
![[ES] = \frac{{}\times{[S]}}{K_M}](illustrations/31f3027126c840720ae2a3edba19cdd7.png)
Soit
![[ES] + \frac{{[ES]}\times{[S]}}{K_M} = \frac{{[E_T]}\times{[S]}}{K_M}](illustrations/3b43b4f2d1110500755731452122fbdf.png)
En mettant [ES] en facteur dans le premier terme :
![[ES] \times \left(1 + \frac{[S]}{K_M}\right) = \frac{{[E_T]}\times{[S]}}{K_M}](illustrations/8cf9b1049cea09663761d37253f2014e.png)
En mettant au même dénominateur le premier terme :
![\frac{{[ES]}\times{(K_M + [S])}}{K_M} = \frac{{[E_T]}\times{[S]}}{K_M}](illustrations/44b2e5c94ebb61e76f6fb1186c6db690.png)
Soit
![[ES] =\frac{{[E_T]}\times{[S]}}{K_M} \times \frac{K_M}{K_M + [S]}](illustrations/d9a1d0f7b2c1f1453e814d0f7291e2a6.png)
D'où
![[ES] =\frac{{[E_T]}\times{[S]}}{K_M + [S]}](illustrations/dd2621cd6384c245b97b9e28ed771cae.png)
![v = k_3 \times [ES] = k_3 \times \frac{{[E_T]}\times{[S]}}{K_M + [S]}](illustrations/36908d5dad46688f92ab21fcc5993601.png)
- À vmax : [ES] = [ET]
![v_{max} = k_3 \times [E_T]](illustrations/76291319669b70efa73e8114efd8004c.png)
D'où
![\frac{v}{v_{max}} = k_3 \times \frac{{[E_T]}\times{[S]}}{K_M + [S]} \times \frac{1}{k_3 \times [E_T]}](illustrations/7a5a65080f8dc4373d5488e37078c730.png)
![\frac{v}{v_{max}} = \frac{[S]}{K_M + [S]}](illustrations/5f86b81ac1c28397e841b113bae5224f.png)
-
- On trouve l'équation de Michælis :
![v = v_{max} \times \frac{v}{v_{max}} = v_{max} \times \frac{[S]}{K_M + [S]}](illustrations/cfa1b5102cc31be5f23018d57e117a5e.png)
Cette équation est une expression de la vitesse d'origine selon deux constantes : la vitesse maximum, de la constante de Michælis et de la concentration du substrat.
Notes et références
- (en) K. J. Laidler et J. H. Meiser "Physical Chemistry" (Benjamin-Cummings 1982), p. 780
- Le choix des unités est arbitraire et doit rester homogène
Voir aussi
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![v = k_1 \times [E] \times [S]](illustrations/a1cb329dce4f87df6efb68d53d179c4a.png)
![v = (k_2+k_3) \times [ES]](illustrations/41954c9539102e3c7c3a93469cc93fd3.png)
![k_1 \times [E] \times [S] = (k_2+k_3) \times [ES]](illustrations/3666db2238fef52fb3092fa868ac22e3.png)
![[ES] = \frac{k_1 \times [E] \times [S]}{(k_2+k_3)}](illustrations/5f7eb9489dc829d6cfb317c1470b10bf.png)
![K_M = \frac{[E] \times [S]}{[ES]} = \frac{k_3 + k_2}{k_1}](illustrations/55bb16beb94455673b237727f950682e.png)

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